Une panne électrique ne vient pas toujours du tableau.

C'est parfois l'inverse : le tableau est en bon état, les protections fonctionnent, les premières mesures sont cohérentes… et pourtant, une partie du logement présente toujours un défaut.

C'est exactement ce qui s'est passé sur cette intervention à Toulouse.

Le tableau électrique a été contrôlé en premier. Environ une heure pour vérifier les protections, reprendre les circuits concernés, effectuer les premières mesures et comprendre comment l'installation avait été réalisée.

À ce stade, rien ne permettait encore d'expliquer la panne.

Il fallait donc remonter le circuit.

Le tableau était bon. La panne était ailleurs.

Lorsqu'une panne concerne plusieurs prises ou plusieurs points d'utilisation, le tableau électrique est naturellement le premier point à contrôler.

C'est là que se trouvent les disjoncteurs et les protections différentielles. On peut notamment y repérer une protection inadaptée, un appareil mal calibré ou un défaut directement lié au tableau.

Mais un tableau peut être parfaitement fonctionnel alors que le problème se trouve plusieurs mètres plus loin.

Il faut alors suivre le circuit.

Dans une installation ancienne ou modifiée à plusieurs reprises, cela peut rapidement devenir plus complexe. Un câble peut passer dans une cloison, alimenter une première prise, repartir vers une autre ou desservir un point lumineux. Entre deux appareils, il peut également y avoir une boîte de dérivation.

C'est précisément ce qui a compliqué cette recherche de panne.

Des circuits électriques modifiés au fil des années

Le circuit avait été modifié à plusieurs reprises : prises ajoutées, circuit prolongé, raccordements successifs… Son cheminement réel était devenu difficile à identifier.

Les premières mesures ont permis de réduire les possibilités, mais les outils de recherche ont leurs limites lorsque le circuit est encastré et que son cheminement n'est pas connu avec certitude.

Un détecteur multimatériaux suit un conducteur sous tension, pas une boîte. Une caméra thermique ne révèle qu'un câble en charge. Un endoscope suppose d'avoir déjà ouvert.

Il a donc fallu procéder par hypothèses, vérifier chacune d'elles et rechercher physiquement les points de dérivation.

Jusqu'à la boîte de dérivation

La recherche a finalement conduit vers une boîte de dérivation qui avait été recouverte sous l'enduit.

Pour la localiser et vérifier son état, plusieurs ouvertures ont été nécessaires dans le mur, le placo et la cloison. Une fois la boîte retrouvée, elle a permis de comprendre le cheminement du circuit et l'origine du problème.

Ce type de recherche peut donc entraîner des ouvertures dans les murs ou les cloisons, avec des travaux de rebouchage et de finition qui ne relèvent pas nécessairement de l'électricien et peuvent nécessiter l'intervention d'un autre corps de métier.

Une boîte de dérivation doit rester accessible

Ce point est important lorsqu'une installation électrique est créée ou modifiée.

La NF C 15-100, paragraphe 526.3, prévoit que les connexions doivent rester accessibles afin de permettre leur vérification, leur entretien et leur intervention ultérieure.

Une boîte de dérivation recouverte par un enduit, condamnée derrière un doublage ou rendue inaccessible par un aménagement devient donc particulièrement problématique lorsqu'une intervention est nécessaire.

Une connexion électrique doit pouvoir être contrôlée si un défaut apparaît. Lorsqu'elle est cachée, la recherche de panne peut devenir beaucoup plus longue et nécessiter des ouvertures dans les parois.

Cette intervention illustre également l'importance de considérer l'installation dans son ensemble lors d'un remaniement de tableau électrique. Un circuit peut avoir été prolongé ou modifié au fil des années sans que son organisation ou sa protection au tableau ait été repensée.

Le tableau est le point central de l'installation, mais une protection ne se dimensionne pas correctement en regardant uniquement le coffret. Il faut savoir ce qu'elle protège, comment le circuit est construit, quelles sont ses sections, ses usages et ses différentes dérivations.

Des heures de recherche et plusieurs ouvertures dans les cloisons pour retrouver une connexion qui aurait été beaucoup plus simple à contrôler si elle était restée accessible.